La musique microtonale connaît un boom inattendu. Ce phénomène doit beaucoup au succès viral du groupe Angine de Poitrine, qui cumule des millions de vues sur YouTube avec ses titres aux sonorités improbables.
Au lieu de se cantonner aux douze notes de la gamme chromatique que nous connaissons, certains artistes élargissent l’univers sonore en recourant aux quarts de ton et autres micro-intervalles. Faut-il voir dans le succès viral du duo québécois un tournant ? Le fait est que, dans nos contrées, la microtonalité devient de plus en plus mainstream.
Pour autant, rien de neuf sous le soleil : le maqâm arabe ou le râga indien l’emploient depuis des siècles. D’où parfois des reproches de western gaze et d’appropriation culturelle. À Munich, "Tracks" rencontre Bastian Zimmermann et Genoel von Lilienstern, à l’initiative de la première convention internationale de la microtonalité, et s’entretient avec les guitaristes Maddie Ashman et Tolgahan Çoğulu.
Ils parlent des nouvelles échelles musicales et des instruments conçus ad hoc, mais aussi du charme de l’imperfection à l’heure de la musique générée par IA. En réaction aux productions ultra-formatées, un nouveau déchaînement expérimental remet la créativité humaine à l’honneur. De quoi penser à nouveaux frais conventions artistiques et frontières culturelles pour faire place à l’inattendu.