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A qui profitent les festivals ?

21 min

Disponible jusqu'au 12/08/2031

Des festivals comme le Sónar ou le Wacken Open Air ne sont plus depuis longtemps l'apanage de la scène qui les a fait émerger . En Europe, quatre groupes : Live Nation, CTS Eventim, AEG et Superstruct dominent actuellement le marché européen des festivals. Lors du rachat de Superstruct par le fonds d’investissement KKR en 2024, plus de 80 artistes ont appelé au boycott du Sónar. DJ Aya, Michail Stangl, co-commissaire du CTM et Erica Romero Pender, de Live DMA, s'expriment sur la concentration du marché, l’explosion du prix des billets des concerts. Des points de vues qui mettent en lumière la question centrale :  à qui appartient la culture actuellement ?

Scènes immenses, artistes venus du monde entier, la saison des festivals bat son plein. Mais en coulisses, une poignée d’investisseurs privés tire les ficelles. Live Nation, CTS Eventim, AEG et Superstruct contrôlent plus de 150 festivals et plus de 100 salles de concert en Europe. En avril 2026, un jury civil américain a condamné Live Nation pour monopole illégal et abus de position dominante.

Le rachat de Superstruct par le fonds d’investissement KKR, en 2024, avait déjà suscité de vives réactions. Parmi les actifs du groupe figurent notamment le Wacken Open Air, le Sónar Barcelona et Boiler Room. Plus de 80 artistes avaient alors signé une lettre ouverte dénonçant les investissements dans l’industrie de l’armement de KKR. Selon eux, les revenus générés par ces évènements profitent à une multinationale dont les pratiques sont contraires à leurs valeurs.

TRACKS s’interroge sur les conséquences de cette concentration pour la culture club et la scène festivalière. Le co-commissaire du CTM, Michail Stangl, alerte sur un appauvrissement de la diversité culturelle. Erica Romero Pender, du réseau Live DMA, dresse le même constat : les mastodontes accaparent le booking, la billetterie et les salles de concert et gonflent le prix des billets.

Par solidarité, DJ Aya a annulé une performance au Boiler Room, tout en maintenant son set à Barcelone. À ses yeux, il ne s’agit pas de chercher à être moralement irréprochable, mais de pointer les contradictions et de poursuivre le débat avec le public où qu’il se trouve.

TRACKS met en lumière le financement international des secteurs culturels, et pose la question : à qui appartient la culture aujourd’hui ?

Pays

Allemagne

Année

2026

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