A 3.700 mètres d’altitude, sur l’Altiplano balayé par le vent et écrasé par le soleil, l’ethnie des Urus Muratos, - la population la plus ancienne des Andes-, vivait sur ses rives. Le lac constituait le centre du monde pour ce peuple de l’eau. Grâce à lui, les Urus se nourrissaient de poissons et d’oiseaux, venus nicher dans les roseaux. Ses croyances sont liées à l’eau et ils continuent à vénérer la divinité du lac dans les offrandes qu’ils font au mois d’août. Dans leur langue, « Poopó » signifie nombril. Une disparition lente et silencieuse, loin des regards. A l’origine de ce désastre écologique, le réchauffement climatique, mais aussi le détournement des affluents à des fins agricoles et la surexploitation minière.
Les derniers des Urus assistent, impuissants et résignés, à la fin de leur univers. Comment continuer à être le peuple de l’eau quand il n’y a plus d’eau ?