Forêts mystérieuses, vagues scintillantes, densité orchestrale, transparence sonore… ce programme riche en contrastes mêle avant-garde romantique et tenants d’un certain classicisme musical.
Le concert de la Staatskapelle de Dresde met en avant l’influence de Wagner sur Debussy et Saint-Saëns, et reflète les relations qu’entretenaient les compositeurs allemands et français à la fin du XIXe siècle.
Debussy vouait à Wagner un véritable amour-haine. En 1888 et 1889, le Français assiste à Bayreuth aux représentations des Maîtres chanteurs, de Parsifal et de Tristan et Isolde. Après ce premier voyage, il fait l’éloge des audaces harmoniques de Tristan. Un enthousiasme qu’il tempérera par la suite, voyant sans doute en Wagner un modèle trop écrasant pour s’en affranchir.
La même ambivalence marque la relation de Saint-Saëns avec Wagner. Le compositeur français loue d’abord son art de la tension dramatique et son don pour l’orchestration, notamment dans Tristan et Isolde. Il observe que nul n’avait encore poussé si loin les limites de la tonalité. Puis il se détourne de l’opulence sonore des opéras de Wagner qu’il juge trop longs et décousus. Saint-Saëns dénonce le poids du wagnérisme, qui exerce selon lui une influence trop prégnante sur l’école française. Cela l’amène d’ailleurs à quitter la Société nationale de musique. À rebours de la fascination pour Wagner et son mysticisme, il prône le retour à un langage musical d’une élégance plus classique.
Programme
Richard Wagner - Parsifal, prélude de l’acte 3 et "Enchantement du Vendredi saint"
Camille Saint-Saëns - Concerto pour violoncelle n° 1 en la mineur, op. 33
Claude Debussy - La Mer
Richard Wagner - Tristan et Isolde, prélude et "Mort d’Isolde"
Filmé le 15 mai 2026 au Semperoper de Dresde, Allemagne.