Elle a été construite sur ordre du président Nayib Bukele en 2022, pour enfermer à vie les membres des "maras", les gangs meurtriers qui ravageaient le Salvador depuis les années 1990. Très peu de journalistes ont pu entrer dans cette prison. Lucas Menget a obtenu une visite, sous contrôle des autorités, dans l’un de ses bâtiments. Les détenus y sont maintenus, à vie, sous un régime pénitentiaire d’une rudesse extrême, sans aucune possibilité de sortie à l’air libre, sans contact avec l’extérieur, et souvent sans procès. Ce système, vanté par Donald Trump, est dénoncé par de nombreux pays et organisations des droits humains. Il s’accompagne d’un état d’urgence dans tout le pays, appelé "régime d’exception", qui permet à la police et à l’armée d’arrêter sur simple doute, dénonciation, ou parfois tatouage (marqueur dans certains cas de l’appartenance aux gangs). Ce reportage nous conduit dans la prison du "Cecot", mais aussi dans une prison de droit commun, une parmi la vingtaine que compte le pays. Le Salvador a le plus fort taux d’incarcération au monde, avec 2% de la population en prison. L’équipe est aussi allée à la rencontre d’un innocent, libéré après des mois de détention et de torture. Il témoigne à visage couvert, mais son récit est glaçant. Chaque jour, les Salvadoriens tentent, difficilement, de faire valoir leurs droits, dans un pays où la sécurité prévaut désormais totalement sur l’État de droit.