Recalée lors d’un entretien d’embauche à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Lulu manque le train qui doit la ramener à Angers. Le lendemain matin, elle quitte précipitamment la gare quand elle réalise qu’elle a égaré son alliance à l’hôtel. Ressortie bredouille de l’établissement, elle décide alors de s’octroyer quelques jours sur la côte vendéenne. Son mari bloque sa carte bancaire, sa sœur, qui gère ses trois enfants, la harcèle gentiment, mais Lulu n’en a cure. Elle se laisse porter par le vent et les rencontres : avec Charles, repris de justice au cœur tendre, flanqué de deux frères surprotecteurs, qui ranime son désir ; Marthe, vieille dame malicieuse et colocataire éphémère ; Virginie, jeune serveuse malmenée par sa patronne tyrannique…
Humour tendre
Adaptant une BD d’Étienne Davodeau, Sólveig Anspach, disparue en 2015, filme l’échappée émancipatrice d’une femme qui s’est oubliée en chemin, aspirée par son rôle d’épouse et de mère. Sur cette trame, la réalisatrice franco-islandaise, magicienne des ambiances, capture la beauté – et la rudesse – des relations humaines, synonymes de reconstruction, avec un réalisme innervé d’humour tendre. Un pur bonheur de cinéma, dans le sillage d’une Karin Viard impressionnante et sans fard, entourée de seconds rôles aussi loufoques qu’attendrissants.