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Max Ernst, le surréaliste et le monstre fasciste
53 min
Disponible jusqu'au 01/04/2030
À l’occasion du cinquantenaire de sa mort, exploration de la vie libre et de l’œuvre aussi énigmatique que politique de Max Ernst (1891-1976), le plus français des surréalistes allemands.
La traversée des deux guerres mondiales n’a fait qu’amplifier la singularité et la liberté de ton de ce libre penseur. Né près de Cologne, fils d’un peintre amateur, Max Ernst gravite très tôt dans l’orbite de l’expressionnisme rhénan puis de la bohème parisienne, avant d’être mobilisé à 23 ans dans l’artillerie allemande – une expérience intime de la Grande Guerre, dont la violence marquera sa vision du monde et de l’art. Il en tire des collages mêlant l’humain aux engins militaires, en plein dans l’esprit provocateur du mouvement dada dont il devient l’un des représentants outre-Rhin. Alors que son travail est remarqué par André Breton et Tristan Tzara, Max Ernst quitte en 1922 Cologne (et son épouse d’alors) pour Paris, sur l’invitation de Paul et Gala Éluard. Il devient immédiatement une figure centrale du jeune groupe surréaliste, où il expérimente la technique du collage, bientôt transposée en peinture et en "roman-collage", puis du frottage. Face à la montée en Europe de l’hydre fasciste, son art, comme celui de ses camarades surréalistes, se charge politiquement – à l’image de L’ange du foyer (1937), l’une de ses toiles les plus célèbres : un monstre inquiétant dans lequel on lit sans peine une allégorie du franquisme. Mais la Seconde Guerre mondiale fera de ce citoyen allemand profondément antifasciste, "artiste dégénéré" aux yeux des nazis et "étranger ennemi" sur le sol français, un déraciné…
Formes nouvelles
"Qui détermine l’histoire du monde ? Ce ne sont pas les gens les plus raisonnables, mais les fous. Si la peinture est le miroir de la réalité, elle doit être folle pour montrer la vraie image de notre époque. Nous opposons à un tel délire un autre." Présentant en exergue cette citation de Max Ernst qui concentre l’esprit de son œuvre, ce documentaire se déploie depuis le moment de bascule que constitue l’internement de l’artiste au camp des Milles, en 1940, aux côtés de son compatriote Hans Bellmer. De ses premiers pas à sa carrière new-yorkaise, on redécouvre le parcours atypique d’un libre penseur à la vie personnelle mouvementée (marié trois fois, notamment avec Peggy Guggenheim, il vivra en ménage à trois avec le couple Éluard, et aura des liaisons avec Meret Oppenheim et Leonora Carrington). Un créateur de formes artistiques nouvelles dont on célèbre, le 1er avril 2016, le cinquantenaire de la mort.
Réalisation
Christian Buckard
Daniel Guthmann
Pays
Allemagne
Année
2026
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