ARTE Reportage

Mexique : cartels sous pression américaine / Libye : le piège migratoire

52 min

Disponible jusqu'au 12/07/2026

À la télévision le samedi 13 juin à 18:50

Émission du 13/06/2026

Mexique : le coup de balai contre les cartels de la drogue sous la pression des États-Unis marque-t-il la fin de l'impunité ? / Mandatée par l’Europe, la Libye est prête à tout pour stopper le flux migratoire dans des conditions indignes.
Mexique sous pression américaine : les cartels dans le viseur 
Le 22 février 2026, Nemesio Oseguera Cervantes, dit “El Mencho”, chef du cartel de Jalisco Nouvelle Génération, est tué lors d’une opération menée par l’armée mexicaine avec l’appui des services américains. Sa disparition déclenche une vague de violences et accélère une recomposition déjà à l’œuvre. Dans l’ombre, une nouvelle génération de criminels émerge, souvent liée aux États-Unis, incarnant une mutation profonde du narcotrafic. Face à eux, l’État tente de reprendre la main. Mais sur le terrain, la guerre se transforme. Elle ne se limite plus à des affrontements armés : elle traverse les frontières, irrigue les économies et s’impose dans les imaginaires. Des routes clandestines du Michoacán aux réseaux qui s’étendent jusqu’aux États-Unis, c’est un même mouvement qui se dessine : celui d’un système en expansion. À hauteur d’homme, ce reportage raconte un pays pris dans une mécanique qui le dépasse.

Libye : le piège migratoire
Ils ne sont pas les bienvenus. Et désormais pour les expulser, les retenir ou les chasser, l’Europe met la main au pot. Les migrants ont la vie dure en Libye. Mais ce pays au carrefour de l’Afrique et du Vieux Continent est devenu un partenaire stratégique pour les chancelleries européennes. Malgré les milices, malgré la torture, les méthodes d’emprisonnement abusives, bien des pays misent sur la Libye pour appliquer une politique de stricte rétention des flux migratoires. Et ça fonctionne ! En partie, si l’on en croit les chiffres qui indiquent une réduction de la moitié des départs. Mais à quel prix ? Les Libyens ont, pour la première fois depuis des années, décidé d’ouvrir les portes de leurs centres de détention, à la réputation si mauvaise. Ils voudraient nous montrer que c’est correct. "On les nourrit deux fois par jour". Vrai, mais dans le centre de Bir Ghanem ou de Tajourah que nous avons pu visiter, les migrants sont aux abois. Certains, arrêtés en mer deux jours auparavant, supplient déjà de pouvoir rentrer chez eux. D’autres y croupissent depuis un an. Beaucoup appellent au secours, se plaignent de devoir payer pour sortir et d’être bloqués indéfiniment, dans de grands hangars à l’odeur infernale. Ceux qui en sortent témoignent de la corruption qui s’y pratique, du racisme total de la plupart des Libyens, et des tortures endurées pendant la route, par les passeurs.
Dans le désert, nous avons suivi ceux qui les combattent : la brigade 444. A force de patrouille, ils ont "brûlé" la route des passeurs qui ont renoncé à l’emprunter. Leurs convois la contournent, pour se glisser par d’autres chemins de traverse et grâce à la complicité active d’autres acteurs sécuritaires jusqu’aux plages de départ. Là-bas, on y ramasse quotidiennement des cadavres de malchanceux. Ceux qui ont la "chance" d’être arrêtés en mer, finissent en prison. Les plus chanceux arrivent jusqu’en Europe, laissant derrière eux un pays prêt à tout pour les stopper.

Pays

  • France

  • Allemagne

Année

2026

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