Face aux tirs de missiles, à la boue des tranchées qui s’incruste dans les esprits, aux atermoiements occidentaux, les Ukrainiens, pourtant, s’accrochent. Mieux, ils se préparent déjà concrètement à la désoccupation de la Crimée.Depuis le printemps 2023, Tamila Tasheva, la représentante du président Zelensky pour la république autonome de Crimée, a lancé un programme destiné à constituer une réserve de 50 000 fonctionnaires prêts à reprendre en main l’administration : enseignants, juges, gardes-frontières, fonctionnaires territoriaux, cadres d’entreprises, tous les métiers qui seront nécessaires dès le jour où les soldats russes auront quitté la Crimée, de gré ou de force.Tetiana fait partie des premières qui ont rejoint les programmes de formation des futurs cadres de la Crimée libérée.« Asker » officier de renseignement à la tête d’une unité de reconnaissance par drone, rêve que des soldats tatars soient les premiers à poser le pied en Crimée libérée.Nariman Suleymanov, procureur, directeur adjoint du Bureau du procureur de Crimée, travaille dès aujourd’hui sur des affaires criminelles ou politiques, et prépare le recrutement de centaines de procureurs pour être prêt à revenir faire régner la justice ukrainienne.Kemal, propriétaire avec sa famille des restaurants Musafir, ne cache pas ses doutes sur cet objectif de reconquête. Ce qui ne l’empêche pas de financer des unités de l’armée ukrainienne pour y parvenir.Sans angélisme, avec détermination ou scepticisme, chacun, à sa façon, qu’il soit procureur, restaurateur, étudiante ou officier, se prépare à ce rêve de Crimée.