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Noces de sang
68 min
Disponible jusqu'au 28 février 2026 à 05:00
Plus que 5 jours
Dans un silence monacal, les danseurs se préparent, tandis qu’à côté les musiciens jouent déjà en se chamaillant. "Il y a toujours un demi-ton de trop", râle le chanteur, pendant qu’on le maquille. Premier danseur et chorégraphe, Antonio Gades raconte en voix off son parcours : "J’aurais voulu étudier mais on n’avait pas les moyens." Petit boulot parmi d’autres à l’origine, la danse s’est emparée de lui au point qu’il a préféré un temps interrompre sa carrière pour se cultiver et ne pas se contenter d’exécuter ce qu’on lui disait de faire. La caméra le suit dans la salle de danse où il répète seul, puis accompagné de sa troupe, qu’il manœuvre avec une souveraine exigence. Les danseurs passent leurs costumes et le ballet Noces de sang, adapté d’une tragédie de Federico Garcia Lorca, commence. Une histoire d’amour et de mort à la trame épurée qui paraît écrite pour le flamenco : dans un village andalou, on célèbre un mariage, quand la jeune épousée s’enfuit avec un autre homme, pourchassée dans une traque meurtrière…
Menos es más
Premier volet de la trilogie flamenca de Carlos Saura, Noces de sang sera suivi de Carmen (1983) et de L’amour sorcier (1986). Avec l’aide d’Antonio Gades, le cinéaste adapte à l’écran le ballet créé par le chorégraphe pour la scène, le jugeant fidèle à l'"esprit populaire de Lorca". Une dimension que l’on retrouve dans le récit de vie de cette star du flamenco, issue d’un milieu modeste, et toujours adhérente au Parti communiste. Au dépouillement de l’intrigue répond l’épure du dispositif : la caméra pénètre en coulisses de la pièce, observant le rituel du trait de khôl sous les yeux des hommes et les femmes se plaignant de leurs chaussures à talon. En guise de décor, il opte pour une austère salle de danse au gris délavé. Parce que le film, qui suit les danseurs entrant dans leurs personnages, épouse dans un minimalisme et une approche documentaire le flamenco stylisé et tout en retenue qu’affectionne Gades, il ne rend que plus éclatante la représentation finale du ballet. Corps à l’écoute, moments de suspension, tension maximale et beauté picturale des mouvements : la caméra, toujours au bon endroit, n’en perd pas une miette, livrant un inclassable objet à la croisée de la danse et du cinéma.
Avec
Pepa Flores
Cristina Hoyos
Antonio Gades
Pilar Cárdenas
Réalisation
Carlos Saura
Pays
Espagne
Année
1981
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