Les couleurs de l’Antiquité
91 min
Disponible jusqu'au 11/06/2026
À la télévision le samedi 14 mars à 20:55
Négligée pendant des siècles, la polychromie des marbres de la Grèce antique est redécouverte grâce aux technologies nouvelles déployées par les archéologues. Un voyage érudit et émouvant dans une Antiquité aux couleurs éclatantes.
Depuis leur redécouverte par les archéologues, les statues en marbre de la Grèce antique, exposées sur leur site d’origine ou dans les musées occidentaux, sont admirées dans leur blancheur immaculée. Cette image semble si évidente pour l’œil contemporain qu’on ne songe plus guère à l’interroger. Pourtant, il manque à ces œuvres un élément essentiel : la couleur… Depuis les civilisations cycladique et crétoise, au IIIe millénaire avant notre ère, jusqu’aux œuvres des périodes archaïque, classique et hellénistique, et aux marbres romains qui s’en inspirent, l’archéologie et l’étude des textes anciens attestent en effet que les sculptures et monuments étaient invariablement peints dans des nuances vives, obtenues à partir de pigments comme le bleu égyptien, le rouge de garance ou le vert-de-gris. Pourquoi cette polychromie, si centrale pour les Grecs de jadis, a-t-elle été à ce point oubliée ? Et comment la science permet-elle, aujourd’hui, de retrouver les couleurs perdues de l’Antiquité ?
Visions inédites
Spectrométrie, microscopie numérique, analyse chimique, intelligence artificielle… : depuis quelques décennies, les chercheurs déploient tout un éventail de technologies de pointe pour traquer les plus infimes traces de pigments dissous par le temps. Ils installent leurs instruments dans les musées et sur les sites archéologiques, et c’est une révélation : la couleur est partout. Les travaux des scientifiques débouchent sur d’ambitieuses reconstitutions numériques – comme au musée de Pergame, qui doit bientôt rouvrir ses portes à Berlin – et, dans certains projets expérimentaux, sur l’exposition de copies peintes ou colorées par des projections lumineuses, en regard des œuvres originales. La Vénus de Milo pourra-t-elle un jour retrouver ses couleurs ? Érudit et émouvant, ce documentaire accompagne de nombreuses équipes travaillant auprès des chefs-d’œuvre exhumés à Delphes, Pergame, Athènes ou Santorin, et propose en images de synthèse une interprétation de l’aspect original de ces sites, qui dessine une vision inédite de l’histoire de la Grèce. Il fait également un détour par la Renaissance italienne et le XIXe siècle néoclassique, dont la fascination pour la pureté des formes antiques a contribué à forger le mythe trompeur de la "Grèce blanche".
Réalisation
Olivier Lemaître
Pays
Allemagne
France
Année
2025
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